16 novembre 2007
Mondialisation et modèles sociaux
I. La dimension humaine de la mondialisation
Au-delà de ses implications politiques et économiques, la mondialisation a une dimension humaine considérable: elle peut changer la vie de millions d ' êtres humains.
Grâce au développement et à la croissance qu' elle déclanche la mondialisation libère les hommes de la misère, de la maladie et de l'ignorance.
Mais les hommes ainsi libérés sont aussi les acteurs de leur libération: ce sont leurs efforts, leurs initiatives et aussi leurs sacrifices qui leur permettent d'entrer dans le concert mondial.
Enfin et non le moindre les relations intimes qu'elle crée au-delà des frontières fait que la mondialisation est un facteur de compréhension et de paix, elle reconstitue la grande famille humaine inutilement et trop longuement déchirée.
Ainsi la mondialisation fait-elle des hommes libérés, des hommes acteurs, des hommes rassemblés.
2. La condition humaine dans une économie mondialisée
La condition ouvrière fruit de la Révolution Industrielle au 19ème siècle a été celle du travail pénible, du déracinement social et parfois de la détresse physique et inorale. Bien que les historiens aient souvent noirci le trait, puisque le progrès social n ' a cessé d' accompagner la croissance économique, il n' en demeure pas moins que nombreux sont ceux qui pensent que l' on peut éviter aux plus pauvres de la planète une grande partie des souffrances endurées jadis par les ouvriers d'industrie en Europe.
Pour les adversaires déclarés de la mondialisation et du marché, la condition humaine dans les pays pauvres est le fruit de l'exploitation capitaliste. Le succès sur le marché mondial s'obtiendrait grâce au « dumping social », c'est-à-dire aux bas salaires et à l'absence de couverture sociale pour les travailleurs asiatiques, africains, latino américains. En Europe même le dumping social serait systématiquement pratiqué par les pays d'Europe Centrale et de l'Est.
D'autres observateurs de la mondialisation, plus modérés, ne manquent pas de relever les souffrances et dégradations vécues par les femmes et les enfants au travail.
3. La réglementation du travail
Ces critiques de la mondialisation, au nom de la justice sociale ou de la dignité des êtres humains, appellent aux yeux de certains une réglementation mondiale du travail. Le doute est permis et sur la pertinence et sur la sincérité de cette réglementation.
D'une part il n'est guère possible. d'imaginer que les niveaux de vie des plus pauvres puissent être alignés en une génération sur ceux atteints dans les pays anciennement développés. Dans des zones de misère où l'essentiel est de survivre, le maigre salaire est une manne pour un travailleur sans connaissance ni formation. Progressivement, l' expérience, la qualification et la mobilité aidant, il sera possible de constituer une maigre épargne qui permettra d'avoir un toit et d'investir dans les enfants. Puis viendra la constitution d'une classe moyenne, puis les inégalités s'estomperont. Ce processus, qui a demandé un siècle d'efforts. aux Européens, est en train de se dérouler sous nos yeux en moins de dix ans parfois.
Pour montrer l'importance de l'environnement institutionnel, ce sont les pays pauvres les plus libres qui se sont développés, tandis que les pays les moins libres se sont encore appauvris.
D'autre part les intentions des « réglementeurs » ne sont pas toujours avouables. Au prétexte de protéger les pauvres, on cherche souvent à se protéger contre la concurrence de leur travail. La réglementation du travail aboutit en fait à nier la liberté du contrat de travail et, parfois, la liberté de travailler elle-même. Dans les pays développés incapables de s'adapter à la concurrence des pays émergents, un fossé se creuse entre productivité et rémunération. Au lieu de répondre au défi de la main d'oeuvre non qualifiée par une meilleure formation et une productivité accrue, on veut conserver un pouvoir d'achat à un niveau économiquement injustifié. La compétitivité disparaît et avec elle des millions d'emplois.
4. La couverture sociale
Contrairement à ce que soutiennent les dénonciateurs du dumping social, la couverture des risques de la vie et du métier n'est pas une priorité, mais un progrès lentement acquis.
L'aversion pour le risque est faible pour des gens sans ressources, qui vivent au jour le jour. Pour eux, les risques courants sont souvent assumés par la solidarité familiale ou communautaire. Le besoin de sécurité et les services d'assurance ne seront satisfaits qu'après d'autres exigences: se nourrir, se vêtir, se loger. Ils ne seront accessibles qu'une fois une épargne constituée.
A l'autre bout de l'échelle, dans les pays où règne l'Etat Providence, on observe une dépense considérable en couverture sociale. La thèse du dumping social exige que tous les pays s'alignent peu à peu sur les normes maximales -ce qui est évidemment utopique et ruinerait toute chance de progrès social mondial.
5. Charges sociales et compétitivité
On devrait par contraste s’interroger sur ces dépenses sociales qui handicapent certains pays dans la compétition mondiale.
S'il s'agit d'un choix volontaire des individus et des familles, il n'y a sans doute rien à dire, sauf à préciser qu'ils doivent assumer eux-mêmes le coût d'une meilleure couverture des risques.
Mais, précisément, ce sont des décisions politiques qui imposent ce niveau élevé de couverture et décident de prélèvements obligatoires sans cesse croissants. Les systèmes publics de protection sociale, loin d'aider les assurés, les conduisent à la ruine, au moins pour deux raisons: la première c'est leur mode de gestion sans contrôle, sans stimulation, sans responsabilité, la deuxième c'est leur choix en faveur de la « répartition », une option ingérable pour des populations vieillissantes.
La mondialisation va sérieusement remettre en cause ces systèmes de sécurité sociale. Pour sauver « leur » Sécurité Sociale certains Etats n’hésiteront pas à accepter les déficits croissants, et la dette sociale s'accumulera -elle est en France supérieure à la dette de l'Etat.
Ils utiliseront des artifices, en augmentant les cotisations, en diminuant la couverture, en révisant unilatéralement les conditions de l'assurance, voire en faisant supporter une partie de la note par les étrangers.. Ces mesures n'empêcheront pas l'explosion des systèmes, là où aucune réforme véritable n'aura été réalisée.
6. Tous ennemis ou tous ensemble ?
Finalement, les débats autour du dumping social sont assez déprimants, car ils laissent penser que les intérêts des peuples sont opposés, puisque la guerre économique mondiale serait engagée. C'est une nouvelle version de la lutte des classes, déplacée au niveau mondial. Elle en est tout autant critiquable et haïssable, parce qu'elle dresse les peuples les uns contre les autres, exacerbe un « patriotisme » qui tourne rapidement à la xénophobie, et parce qu'elle nie cette, réalité fondamentale: les échanges marchands sont de nature à apporter un bénéfice substantiel à tous ceux qui les pratiquent, à enrichir les pauvres sans appauvrir les riches.
La mondialisation est en réalité l'occasion de constituer un espace de rencontre des hommes et des cultures, d'effacer l' histoire des incompréhensions et des guerres. Les changements institutionnels qu'elle implique se ramènent à la reconnaissance de droits individuels conformes à la nature et à la dignité de la personne humaine. La mondialisation donne à chacun la chance de son épanouissement au service des autres. La mondialisation est l'occasion de rendre les hommes plus humains, créateurs, serviteurs, libres et responsables.
L' « homo globalis » est bien plus sympathique que « l'homo oeconomicus ». C'est le même Adam Smith qui a expliqué comment naissait la richesse des nations et pourquoi elle exigeait des sentiments moraux: les sentiments moraux font la richesse des nations.
7. Liberté, Responsabilité et Subsidiarité
Certes les sentiments moraux se découvrent et se cultivent mieux dans des environnements institutionnels favorables: c'est ce que l'on appelle le bien commun, la commune reconnaissance du bien. Mais quelles que soient les réformes institutionnelles de nature à mettre les hommes en situation de liberté et de responsabilité, les comportements individuels demeureront toujours déterminants.
Quels que soient les mérites de l'ordre marchand, ils ne peuvent effacer la nécessité d'un ordre communautaire. La solidarité volontaire trouve dans la mondialisation l'occasion de s'exprimer, elle accompagne les efforts de ceux qui sont encore en panne de développement. La solidarité s'organise suivant le principe de subsidiarité. Un monde nouveau peut se construire, plus proche des aspirations de l' être humain.
Le système éducatif prépare-t-il les jeunes à construire ce monde nouveau ? La tradition des universités, les rencontres internationales leur offrent l'occasion de la découverte, de la compréhension. La vie familiale et associative leur permet d'acquérir et de cultiver l'esprit de service. La plupart des jeunes sont ouverts à la différence, et respectueux de la diversité. Ils sont aujourd'hui bien placés pour réaliser à travers la mondialisation l'espoir d'une humanité retrouvant l 'harmonie et la dignité que cherchent les hommes de bonne volonté, de tous les pays.
8. Conclusion: Liberté et dignité de la personne humaine
Notre réflexion sur la mondialisation et les réformes institutionnelles qui l'accompagnent nécessairement s'achève sur des considérations éthiques.
C'est une tradition de l'Université d'Eté de la Nouvelle Economie.
Voilà trente ans maintenant que nous essayons, dans les mêmes locaux, parfois avec les mêmes interlocuteurs, de diffuser les idées de la liberté. Et voilà trente ans que nous avons fait le choix de terminer nos Universités sur une note éthique. Il y a à cela une raison fondamentale: c'est avant tout pour des considérations éthiques que nous sommes libéraux.
Le libéralisme est souvent présenté et défendu sur le terrain purement économique, comme une recette d'efficacité, et il est bien certain que le libre échange et la libre entreprise sont bien plus performants que l'économie dirigée et la planification. Les considérations scientifiques établissent la supériorité du libéralisme.
Mais beaucoup de personnes sont moins soucieuses d'efficacité que de justice et de paix. C'est occulter un pan entier du libéralisme que de le ramener à une simple doctrine économique. Le libéralisme c'est avant tout une vision de l'homme et des relations entre les hommes.
Notre vingtième Université avait pour thème « liberté des actes, dignité des personnes ». La liberté est offerte à chaque homme, il la porte dans sa nature même. Mais elle n'est pas le but ultime. Elle a pour mission de permettre aux hommes d'épanouir leur personnalité, de participer à cette civilisation de l'amour qu'évoquait Jean Paul II.
C'est sans doute en donnant toute sa dimension à la pensée libérale que nous vaincrons l'ignorance ou le mépris dont elle souffre aujourd'hui, particulièrement en France.
Il appartiendra sans doute à d'autres, plus jeunes et plus talentueux de prolonger ce travail amorcé depuis trente ans: faire savoir que c'est la dignité de l'homme que nous défendons à travers sa liberté.
Globalization and social models
1. The human dimension of globalization
Beyond its political and economic implications, globalization bas a significant human dimension: it can change the life of millions of human beings.
Thanks to the development and growth it triggers, globalization frees men from poverty illness and ignorance.
But, freed in this way, men are also the actors of their own liberation: it is their efforts, their initiatives and their sacrifices which allow them ta play on the global stage.
Last but not least, the close ties that it creates beyond borders imply that globalization is a vehicle of understanding and peace, it brings together again the great human family, uselessly and for too long tom apart.
Thus, globalization gives way to liberated men, acting men and gathered men.
2. The human condition in a globalized economy
As an outcome of the lndustrial Revolution in the 19th century , the condition of the working class was one of hard work, of social uprooting, and, sometimes, of physical and moral distress. Even if historians have often painted an even bleaker picture, as social progress has unceasingly gone hand in hand with economic growth, the fact remains that many people think that we can help the poorest people on earth stay clear from most of the sufferings borne in the past by factory workers in Europe.
For the avowed opponents ofglobalization and the market, the human condition in poor countries is the outcome of capitalist exploitation. Success on the global market allegedly cornes at the price of "social dumping", in other words, of low wages and absence of social coverage for Asian, African and Latin American workers. ln Europe itself, social dumping is allegedly practiced by Central and Eastern European countries.
Other more moderate commentators do not fail to observe the sufferings and degradations endured by women and children at work.
3. The regulation of the labor market
According to some; in the name of social justice or the dignity of human beings, the se drawbacks of globalization call for a global regulation of the labor market.
Some doubts can be cast about the relevance and the intentions behind this regulation.
On the one hand, it is hardly possible to imagine that the standard of living of poorest people on earth can catch up with those attained in old developed countries within the span of a generation. In poor regions where what is at stake is survival itself, the meager salary is a manna for an unskilled and uneducated worker. Gradually, with the acquisition of experience and qualification, and with greater mobility , it becomes possible for him to raise some meager savings in order to build a home and invest in the education of his children. It is only then that a middle-class emerges and that inequalities tend to disappear.This process which demanded more than one century of efforts to Europeans is taking place before our eyes sometimes in less than ten years.
In order to highlight the importance of the institutional environment, let us mention that it is those among the poor countries that are freer that have enjoyed economic development, while those which are less free have impoverished themselves.
On the other hand, the intentions of those in favor of the regulation of the labor market are not always well-meaning. Under the pretext of protecting the poor, what they often seek is to protect themselves against competition in their Jobs. "
Regulation of the tabor market leads in fact to the denial of the freedom of labor contract, and,
sometimes, to the denial of the freedom of work itself. ln those developed countries that have proved themselves unable to adapt to competition from emerging countries, the gap between productivity and earnings is growing. lnstead of responding to the challenge posed by unskilled labor by better formation and increased productivity, we want to maintain a purchasing power and a standard of living at an economically unjustified level. Competitiveness declines and with this decline, millions of jobs are destroyed.
4. Social coverage
In contrast to what the detractors of social dumping argue, the coverage of risks linked to life and employment is not a priority; rather, it represents a progress that has only slowly been achieved. People without means who live from day to day have a low aversion for risk. For them, the usual risks are often borne by familial or community solidarity .The needs for security and insurance serv~ces will be met well after other necessities: food, clothing, lodging. These needs will be met once savings are raised.
At the other end of the ladder, in those countries where the Welfare State dominates, we can observe significant spending in the area of social coverage. The idea of social dumping demands that all countries align themselves little by little on the maximal norms -an utopian option that ruins any chance of global social progress.
5. Social Security contributions and competitiveness
In contrast, we should reflect about those social expenditures that handicap some countries in global competition.
If it is a deliberate and voluntary choice by individuals and families, there is not much to say about it, save to specify that they must bear themselves the cost of this better coverage ofrisks.
But, to be precise, it is political decisions that impose these high levels of coverage and ever-growing mandatory tax and social security deductions. Far from helping the insured persons, public health insurance schemes lead them towards bankruptcy for at least two reasons: the first one is the way the scheme is managed, absence of control, absence of incentives, absence of responsibility. The second reason is the preference for "redistribution", an option which is unmanageable for ageing populations.
Globalization will seriously jeopardize the se systems of social security. In order to rescue "their" Social Security , some governments will not hesitate to make their population bear the burden of growing deficits, and social debt will accumulate.
They will use artifices by increasing contributions, by reducing coverage, by reviewing in unilateral fashion the conditions under which they insure people, and even by making foreigners bear part of the cost. These measures will not prevent the explosion of the systems, in those countries where no genuine reform is undertaken.
6. All enemies or all together?
In the end, discussions about social dumping are quite disheartening for they lead us to believe that the interests of people are conflicting, as a global economic war is taking place. This is a new version of the class struggle, now being played at the global level. It is as open to criticism and obnoxious than the former understanding of the class truggle, because it opposes peoples ones against the others, exacerbates patriotism which transforms itself rapidly into xenophobia, and because it is a denial of this fundamental reality: market ex change generates a substantial bene fit to all those who take part to it, it enriches the poor without impoverishing the rich.
Globalization provides in fact an opportunity to constitute a sphere where people and cultures can meet, an opportunity to wipe off misunderstandings and wars from history .The institutional changes that it involves boil down to the recognition of individual rights in conformity to the nature and the dignity of the human person. Globalization provides to each of us the opportunity to blossom in the service of others. Globalization is an opportunity to render man more human, more creativé, more serviceable, more free, and, more responsible. "Homo globalis" is much more appealing than the "homo economicus". It is the selfsame Adam Smith who explained the causes of the wealth of nations and why it demanded moral sentiments: moral sentiments create the wealth of nations.
7. Freedom, responsibility and subsidiarity
To be sure, moral sentiments flourish and are nurtured in a favorable institutional environment: this is what we call the common good, the common recognition of the good. But, whatever be the institutional reforms likely to place men in a context of freedom and responsibility , individual behaviors remain the determining factor. .
Whatever be the merits of the market order, they cannot smooth out the necessity of a comrnunity order. Voluntary solidarity finds in globalization the opportunity to express itself, it complements the endeavors of those that are lagging behind in terms of economic development. Solidarity organizes itself following the principle of subsidiarity. A new world can be built that is closer to human aspirations.
Does the educational system prepare young people to build this new world? The tradition of
universities, of intemationaI gatherings and meetings, provides the opportunity of discovery and understanding. Familial and associative life allow them to acquire and cultivate the spirit of service.
Most of the young people are-open to difference, and respectful ofdiversity. Today, they are well fitted to fulfill through globalization the hope of humanity, that of rediscovering harmony and the dignity sought by people of goodwill in all countries.
8. Conclusion: Freedom and the dignity of the human person
Our reflection about globalization and institutional reforms which go hand in hand with it concludes with ethical considerations.
This is a tradition of the Summer University of the New Economics.
It's been thirty years now that we have tried, in this same building, sometimes with the same
interlocutors, to diffuse the ideas of freedom. For 30 years, we have chosen to conclude our Summer University with ethical considerations. We have done so for a fundamental reason: it is above all for ethical reasons that we are liberals.
Liberalism is often advocated and defended on purely economic grounds, as an efficient system. It is indeed true that free trade and freedom of enterprise are much more efficient than planned economies.
Scientific considerations establish the superiority of liberalism.
But many people are less concemed with efficiency than with justice and peace.
If we envisage it in terms of a mere economic doctrine, we are leaving a whole chapter of liberalism aside. Liberalism is beyond and above all a vision of man and relationships between men.
The theme of our 20th Surnmer University was "Freedom of acts and dignity of the human person." Freedom is bestowed to each man, he carries it in his very nature. But it is not the ultimate goal. Its objective is to allow men to flourish their personality, to participate to this civilization of love to which Pope John Paul II referred.
It's certainly by embracing the whole dimension of liberal thought that we will defeatthe ignorance and the contempt from which it suffers' in France especially.
It certainly belongs to others, younger and more tal~nted, to prolong this work initiated thirty years ago: informing people that it is human dignity that we defend through his freedom.
11 novembre 2007
L'avenir du canton nord de Clermont-Ferrand
Mercredi 07 Novembre,
Intervention de Samir El Bakkali, candidat UMP aux prochaine élections cantonales
Avant tout je tiens à remercier les membres de bureau de l’association Clermont Avant Tout, le Dr Jean Pierre Brenas (qui va nous rejoindre tout à l’heure), Mme Nicole Barbin, Mr Jean noël Delorme et tous les autres membres qui ont collaboré à la réalisation de cette rencontre, je remercie pour leur présence les habitants des quartiers, et toute l’assistance
L’objectif de cette rencontre, c’est l’avenir du Canton Nord et surtout vos témoignages et vos propositions.
Je rappelle si besoin est que les élections municipales et cantonales auront lieu les 9 et 16 mars 2008.
Sans monopoliser la parole je vais vous présenter chers amis (es) un petit mot concernant les rôles et pouvoirs du département donc du conseiller général.
La France compte actuellement 100 départements, dont 96 en métropole et 4 outre-mer,
1982- La loi de décentralisation du 2 mars 1982, transfère l’exercice de certains pouvoirs du préfet au Président du Conseil général. Les compétences du Conseil général touchent à la vie quotidienne des citoyens.
Quels sont les pouvoirs du département ?
Le département apparaît comme le principal bénéficiaire des transferts de compétences effectués depuis 1982. Ainsi il exerce des responsabilités dans les quatre domaines d’action suivants, le principal étant l’action sociale :
1- L’action sociale et sanitaire
Les actions sociales sont diverses :
- l’aide sociale à l’enfance (ex : gestion des dossiers d’adoption, soutien aux familles en difficultés financières) ;
- l’aide aux personnes handicapés (ex : politiques d’hébergement et d’insertion sociale) ;
- l’aide aux personnes âgées,
- l’insertion sociale et professionnelle : après avoir pris en charge uniquement la partie insertion du revenu minimum d’insertion (RMI), le département pilote intégralement ce dispositif depuis la loi du 18 décembre 2003 décentralisant le RMI (ouverture des droits, conditions de versements des allocations, radiations, insertion).
Par ailleurs, la loi du 13 août 2004 crée dans chaque département un fonds d’aide aux jeunes (FAJ) placé sous l’autorité du président du conseil général, qui se substitue aux précédents FAJ, institués par la loi du 29 juillet 1992, qui étaient cogérés avec l’État. Ces nouveaux FAJ sont toujours chargés de favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté, âgés de 18 à 25 ans, en leur attribuant des aides et en leur apportant des secours temporaires en cas de besoins urgents.
- l’aide au logement : avec la création dans chaque département, depuis la loi du 13 août 2004, d’un nouveau fonds de solidarité pour le logement,
- la protection judiciaire de la jeunesse
Dans le domaine sanitaire, le département est notamment responsable de la protection sanitaire de la famille et de l’enfance.
2- L’aménagement de l’espace et l’équipement
3- L’éducation, la culture et le patrimoine : notamment les collèges en matière de locaux,
4- Les actions économiques
Depuis 1983, le département pouvait attribuer des aides directes au développement économique. Depuis la loi du 27 février 2002 portant sur la démocratie de proximité, il peut, tout comme les communes et leurs groupements, participer au financement des aides directes aux entreprises, définies par le conseil régional, dans le cadre d’une convention passée avec la région. Le département peut aussi attribuer des aides indirectes aux entreprises. La loi du 13 août 2004, lui permet désormais, en plus de la participation au financement des aides économiques aux entreprises, de mettre en œuvre ses propres régimes d’aides avec l’accord de la région qui coordonne sur son territoire les actions concernant le développement économique.
D’après le rapport de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles du 09 novembre 2006 :
Entre 2003 et 2006, les écarts se sont globalement creusés entre les quartiers classés zones urbaines sensibles (ZUS) et les autres parties des agglomérations auxquels ils appartiennent.
Ainsi, parmi les habitants des ZUS ayant un emploi et diplômés du supérieur, la moitié seulement accède à des postes de cadre ou de catégorie intellectuelle supérieure, contre les deux tiers pour les habitants d'autres quartiers.
Et en moyenne, le taux de chômage dans les ZUS est plus de deux fois supérieur à celui des autres quartiers. Il atteint ainsi 22% en 2005, soit une progression de deux points par rapport à 2003, alors que le niveau de chômage est resté sensiblement stable dans les autres quartiers, à 10,5%.
A propos de notre Canton Nord, le bilan est plutôt négatif. Depuis plusieurs années nous constatons que nous sommes écartés des actions que doit normalement mener un conseiller général dans son canton.
Vous êtes ici pour la plupart, voire la majorité, déçus par cette politique, vous avez un savoir faire, des idées, des projets mais vous êtes bloqués car il n’ y a aucun suivi ni soutien. Vous êtes motivés pour intégrer des écoles supérieures mais au court de votre cursus vous êtes touchés par le manque de moyens, et de nombreux jeunes ont dû abandonner…
Nous avons dans le canton qui se trouve dans la zone franche, un grand potentiel de main d’œuvre qualifiée, mais oubliée, mal informée et qui ne profite pas de cette opportunité.
Mes amis, nous les habitants des quartiers Nord, nous sommes le poumon de ce canton, nous devons être impliqués de près dans la politique locale, dont il faut que le choix soit basé sur l’aspect socio-humain, géographique sans oublier la diversité des personnes qui nous représente.
Nous ne sommes pas, pour reprendre les propos d’un conseiller municipal socialiste, des gens à qui ils ont l’habitude de « donner des maisons à la Plaine ou de donner du travail et qui maintenant voulons être comtes à la place du comte… ».
Monsieur le Conseiller qui se dit socialiste, nous sommes des citoyens français qui veulent s’impliquer et qui ont les moyens, dans la vie politique locale, régionale et nationale. Le social et la politique ne sont pas une propriété privée de ceux qui se proclament socialistes..
Au-delà des tendances politiques nous devons choisir et soutenir des personnes qui ne cherchent pas à satisfaire des intérêts personnels mais qui travaillent en collaboration avec les habitants pour mieux vivre dans le Canton.
Aujourd’hui il y a urgence dans notre canton pour dénoncer et faire changer une situation installée depuis longtemps. Ce changement est possible si nous travaillons ensemble et si nous militons dans l’intérêt de tous sans aucun favoritisme.
Pour info voici quelques chiffres électoraux :
Dans le Canton Nord au mois de juin 2007, nous étions 9502 Inscrits,
Le Taux des Participation à la dernière échéance politique juin 2007 (les législative) était de 49,99 ٪ avec 4750 votants soit une abstention plus de 50%.
Mes amis (es) je vous laisse la parole pour témoigner et vous exprimer sur l’avenir de notre Canton.
